Gamine

Il s’approche. Il me demande ce que je recherche. Il dit. On ne peut pas continuer comme ça. Je ne peux pas te regarder te détruire et attendre. Il ajoute. Parle-moi. Je suis là. Dis-moi ce qui ne va pas.

Il pose sa main sur ma joue. Il dit. Regarde moi. Je m’enferme, m’enroule, me blottis. Les genoux contre le menton, j’ai douze ans. J’ai froid.

Je sens ses mains sur mes lèvres mes bras mon cou. Il me secoue. Il parle. Je tremble. Je ne l’entends pas. Je lève les yeux. Il me regarde. Je dis. J’ai envie de te sentir en moi. Tes mains sur mon corps. Tes mains qui m’ouvrent me décortiquent m’engloutissent. Je veux nous digérer.

Je pleure. Cela nous secoue. Tu éteins la lumière. Tu dis, viens.

 

 

La liste

T’envoyer mes petites fesses en photographie le matin le midi le soir la nuit à 5 heures du matin quand j’arrive pas à dormir, lire en retour que je suis bonne même si on sait tous les deux que c’est pas vraiment vrai et que cela nous est égal de torde la réalité

et te laisser (me) remplir consoler le vide à l’intérieur et glisser des papillons et du désir et de la vie au creux du ventre et me faire grandir un peu malgré toi et me donner confiance et me faire m’aimer et te murmurer j’ai peur je doute je sais pas ce que je veux mais je sais quand même que j’ai envie de tes lèvres de tes mains de ton corps contre le mien, que tu me serres fort

et t’écouter me murmurer ne t’en fais pas, tout ira bien, j’ai envie de toi là tout de suite maintenant, on se revoit quand, tu me manques.