A fleur d’envie

 

L’automne est arrivé brusquement. Alors que les températures dégringolent, j’enfile pour la première fois depuis des mois une paire de bas et de bottes. Je me glisse dans une robe ajustée et attrape un trench avant de me faufiler dehors. Dans la rue, le froid picote les joues. Je frissonne.

Il y a une féminité propre aux premiers jours d’automne. Une féminité moins instantanée qu’en été, peut-être plus recherchée. On ne voit plus, ou moins. Le corps est masqué. Gommé presque. Alors et naturellement, on imagine. On désire.

J’aime cet entre deux, entre été et hiver. Cette période éphémère où l’on apprend à apprivoiser à nouveau le corps vêtu. Où l’imagination s’emballe. Les sens sont en éveil. A vif. On se surprend à rêver d’un bout d’épaule ou d’un torse nu. La peau, cachée, devient tout à coup complice.

A l’intérieur, on se découvre à nouveau. Sous le trench, un décolleté ou une robe un peu courte. Les cheveux qui tombent sur la poitrine et les sous-vêtements noirs. Ses mains qui glissent sur la joue, le ventre. Sous la robe aussi. A la frontière de la peau et du bas. Se sentir entre ses doigts, tout à coup, nue. Désirable aussi. Le corps à apprivoiser, à déshabiller, à découvrir. A réchauffer. Magie d’automne.

A fleur de peau, à fleur d’envie.

 

 

Il y aura

 

Il y a aura nos jambes nues et le désir au creux du ventre. Il y aura tes mains sur mes seins et l’envie d’être déjà en toi. Juste là, au creux de nous. Il y aura nos vêtements qui tombent sur le parquet et ton corps contre le mien quelques minutes après nos retrouvailles. Il y aura l’envie de toi sur l’autoroute le voilier le ciel. Il y aura l’envie de le faire n’importe où. De crier au monde l’envie de toi, le désir de nous.

Il y aura des nuits à oublier de dormir, des heures à se fondre un dans l’autre, des petits matins qui sentiront bon l’amour éveillé. Il y a aura ton sexe dur contre mes fesses la nuit et ton regard qui pétille quand je porterai ces talons que tu aimes tant. Il y aura ta main qui remonte qui glisse sous ma jupe, ton regard animal et ton sourire qui me fait vaciller. Il y aura tes mots pour me dire que je suis belle. Tes mots pour me dire que tu me désires. Que je suis à toi, en toi.

Il y a aura toi sous moi, moi en toi. Il y aura des gémissements et des frissons. Des mordillements et des chuchotements partagés. Mes reins cambrés et le poids de ton torse contre mes seins. Il y aura mes cuisses enroulées contre toi et tes mains dans mes cheveux. Il y aura tes caresses la nuit et mes baisers sur ton corps au réveil. Il y aura des mots crus qui racontent le désir. Des mots instinctifs, bestiaux, naturels. Doux, et brutaux aussi.

Il y aura cette photographie prise un dimanche soir. Cette image de moi pour toi, de moi par toi. Cette image qui raconte le désir, la douceur de nos nuits et la bienveillance de ton regard.

Il y aura le désir sous la peau.