Réception et ouverture

Parce qu’il est plus facile de se plaindre, de montrer du doigts les messages un peu grossiers, qui font un peu peur et qui donnent envie de se cacher sous la couette pour toujours. Parce qu’il est plus simple de rire d’une image vulgaire que d’exposer des mots qui pansent.

On a alors, je crois, l’impression de rentrer dans l’intime, dans ce qui se garde précieusement pour soi, qui ne se partage et ne s’expose pas. Pourtant, vous savez, il y a aussi des belles rencontres et des mots qui font échos. Des mots qui vous saisissent par leur justesse ou leur bienveillance, et qui donnent peut-être aussi et finalement un sens à Cerise.

Sûrement et parce qu’ils semblent un peu plus sincères, un peu plus vrais ; mais aussi parce qu’ils rappellent que si l’on écrit avant tout pour soi, pour se rencontrer, la réception de ses textes peut être incroyablement salvatrice et apaisante. Que, oui, elle importe. Que oui, elle peut être brutale et intrusive, comme douce et empathique.

Les mots de Thomas sont de ces échanges-là. Je sais que je n’aurais pas publier ces textes, ces morceaux de rien, de vie ; pour rien justement. Je sais que leur publication m’aura permis de grandir, d’avancer, de me construire. Je sais aussi qu’il y a quelque part une personne qui a su les lire.

Il y a quelque part, cet après-midi, un inconnu qui a pris le temps de m’écrire ces mots-là et de me rappeler la poésie du quotidien. Et, je crois que c’est finalement cela que je voudrais vous souhaiter pour cette nouvelle année : de vous risquer et d’aller vers l’autre. Je veux dire d’aller à sa rencontre, de ne pas avoir peur de votre fragilité, de vous mettre à nu, de l’écouter et de lui dire ce qui fait battre votre cœur à cet instant précis. C’est le plus beau cadeau que vous pouvez (vous) offrir.

 

 

 

« Bonjour Cerise,

Merci pour votre blog.
Vos anecdotes, vos pensées, vos sentiments, vos troubles, vos amours, racontés avec tant de sincérité (il y a toujours une part de vérité dans le je(u), même distancié paraît-il) me parlent beaucoup. 
Bien qu’étant un homme, je me retrouve dans bon nombre des choses que vous avez dites, notamment dans l’article des 44 bouts: une véritable autobiographie en quelques lignes – beau sens de l’analyse et de la synthèse au passage – : la lecture, ce besoin d’intellectualiser les choses, l’écriture, la non confiance en soi, en son corps (ma chère maman prenait un malin plaisir à me répéter  constamment qu’avec mon physique, je ne pourrais qu’être un ouvrier, un manuel et certainement jamais un intellectuel), cette vieille éducation judéo-chrétienne qui a voulu nous obliger à considérer le sexe comme une chose sale, l’instabilité du (bien-) être alors que nous avons la chance d’être avec la personne parfaite. Ces imperfections qui font ce que nous sommes et qui pourtant on met tant de temps à accepter…
Je suis également adepte du jeu. Le jeu de la séduction, la mise en danger, le besoin de se sentir vivant. Et tout comme vous je le pratique en écrivant. La différence: je n’ai jamais eu le courage de mettre mon cœur à nu à disposition du public. Quelque reste de mon éducation ? Certainement. 
Le fait de lire vos mots qui reflètent une telle pudeur, une humilité qui semblent aller à l’encontre de votre personnage de fiction, tout cela me fait un bien fou.
Votre blog semble avoir été une véritable psychothérapie réussie pour vous. J’en suis heureux ! 

Votre esprit et votre belle personne illuminent les journées grises comme aujourd’hui.

Merci d’apporter du soleil dans mon cœur. 
Continuez, n’arrêtez jamais et ne laissez personne, ami ou famille, se mettre en travers de cette belle aventure que peut être la vie, quand on s’assume pleinement.
Je vous envie, un jour peut-être y arriverais-je également.
Encore une fois, merci pour ces belles pages, qu’elles soient totalement vraies ou pas.
Je vous embrasse tendrement.
Thomas « 

 

***

 

« Je viens de terminer la lecture de Je veux beaucoup

Je suis très troublé: vous arrivez à décrire exactement ce que je ressens également. Visiblement, nous devons avoir des fêlures communes. 
On ne cesse de me dire que je suis un insatisfait chronique, que je ne sais pas profiter du bonheur, que je ne suis pas dans le présent, mais toujours à vouloir autre chose, à vouloir mieux, être ailleurs.
Mais ce que je veux, c’est juste une vie pleine, sans médiocrité ni tiédeur. Je veux beaucoup, je veux tout certes. 
Mais c’est aussi ce qui me fait avancer, briser les barrières et ouvrir les portes condamnées. 
Je ne me contente pas de ce que j’ai. Alors oui, c’est parfois épuisant, ce n’est pas tous les jours facile. Mais si je n’avais pas été comme ça, cela ferait certainement longtemps que je ne serais plus là.
Merci pour ce superbe texte. 
Désolé pour cet épanchement, mais vos mots résonnent au plus profond de mon âme.
Essayer de « nager » pour survivre, « couler » parfois, mais toujours « remonter ». C’est autres bien résumé.
Vous parlez de « rencontres qui font sens »: vos textes en sont une essentielle pour moi.
Je ne vous embête plus, je voulais juste partager ce sentiment avec vous.« 
***

 

« Cerise,

Je suis très flatté que mes mots aient pu ensoleiller votre journée. Vous m’en voyez ravi.
Toutefois, n’oubliez pas que ce sont vos textes qui me les ont inspirés. C’est donc à vous que tout le mérite revient.
Ces mots sont désormais vôtres. Vous pouvez en faire ce que bon vous semble. Si vous décidez de les partager, ce sera pour moi une fierté.

Merci de m’avoir répondu.

Je vous souhaite une belle nuit pleine de doux rêves.
Thomas« 

 

***

 

 

 

43 bouts de moi

    1. OhCerise a treize mois.
    2. J’ai rencontré, grâce à lui,  trois garçons et deux très très chouettes filles
    3. Au départ, OhCerise devait être de l’auto-fiction érotique, comme un jeu, avec mon amoureux. C’est devenu, au fil des mois, une identité un peu plus proche du réel, intime, moins contrôlée et limitée.
    4. J’ai pleuré plusieurs fois à cause de OhCerise.
    5. Je me suis sentie drôlement vivante grâce à OhCerise.
    6. Cette identité m’a permis de m’interroger sur la notion de confiance (et ses risques associés). Sous couvert d’anonymat, j’ai donné ma confiance, pour la première fois de ma vie, très rapidement. Donner cette confiance-là m’a fait (beaucoup) doutée et prendre peur. Se confier, c’est se mettre à nu et se risquer. C’est être, aussi et à partir de là, fragile et vulnérable.
    7. La première fois où je(on) me prenais(t) en photo, c’était pour l’avatar de ce compte.
    8. Me prendre en photo, écrire le désir, a bousculé mon rapport au corps et plus largement à l’érotisme.
    9. Tout doucement, ma pudeur s’est évaporée. J’ai regardé mon corps comme un outil pour raconter des histoires. Je n’ai pas l’impression d’être impudique ou de me mettre à nu. En photographie, ce n’est pas vraiment moi. C’est un corps mis en scène. Parcellaire, éclairé, apprivoisé.
    10. Il y a  toujours un décalage entre mes mots/photographies et le réel, une sorte donc de mise en scène  – poétique ou accentuée – du quotidien. Ce décalage me protège. Ce n’est pas un « je » intime et personnel que j’expose ici.  Il reste toujours une distance, entre la vie, la vraie, et ce que j’écris et photographie. Les rencontres, réelles, permettent de relier ces deux « je ».

 

    1. Il y a un an rencontrer une personne de visu, grâce à OhCerise, m’aurait semblé impensable et absurde. Et puis, le réel, et puis l’attachement, et puis la curiosité, et puis la vie.
    2. Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, le passage au réel peut être naturel et simple. Et, excitant. Et doux.
    3. J’aimerais, à travers cette identité, apporter un peu poésie et de désir. Et, peut-être, être, parfois, un tout petit peu inspirante, apaisante ou rassurante aussi. Permettre à d’autres personnes, comme moi, d’apprivoiser leur corps et leur image.
    4. J’ai appris, grâce à OhCerise, à me regarder dans un miroir, à lever un tout petit peu les yeux, et à accepter que je n’avais plus, et que je n’aurais plus jamais, un corps d’enfant. J’ai enfin, aussi, compris que je n’aurais jamais un corps parfait et que cela n’était pas  vraiment important. Que cela ne faisait pas de mon corps, un corps à cacher ou dont je devrais avoir honte.
    5. J’ai durant vingt-cinq ans pensé que la sexualité – et la féminité – comme quelque chose de sale. Pour être pure, je devais alors conserver un corps asexué et valoriser mon intellect. OhCerise m’a ainsi permis de m’équilibrer, de ne plus avoir honte de mon corps. D’arrêter de le cacher. De comprendre, aussi, qu’avoir des désirs ne me rendraient pas moins intelligente ou moins intéressante. J’ai l’impression de commencer, enfin et pleinement, à vivre.
    6. J’ai appris à regarder l’érotisme comme un jeu. Puis, j’ai appris à jouer. Puis, j’ai aimé jouer (on joue ?).
    7. J’ai des bleus qui apparaissent dès que je suis un peu trop fatiguée ou angoissée. Ils font partie de moi. Je crois que je les aime bien.
    8. Je suis amoureuse des belles rencontres. De connecter mon univers avec l’autre. C’est une petite drogue.
    9. Je suis obsédée par la beauté. Des corps, des choses, des émotions.
    10. J’aimerais apprendre à l’apprivoiser.

 

    1. Plus je découvre l’univers sexo-erotique, plus je rêve de (fantasmes sur des ?) relations simples, sincères et intenses.
    2. Je me suis plus confiée à une personne ici que je ne l’avais fait ces dix dernières années. Et c’est apaisant d’avoir une confidente.
    3. Mon angoisse, durant des mois, était que l’on relie ce compte à ma véritable identité. Je suis plus sereine, aujourd’hui, à cette idée.
    4. J’ai fait, je crois, un peu de mal, sans m’en rendre compte, à une personne. Je m’en mordille un peu les lèvres.
    5. Une personne m’a fait aussi du mal. En fouillant, décortiquant et retrouvant ma véritable identité. Et, en me menaçant ensuite.
    6. J’ai rencontré un garçon après plus de 10 ans à échanger avec lui à 23 heures un mardi soir. Il a dormi chez moi. On ne s’est jamais revu.
    7. En un an, j’ai appris à écrire le désir, l’attente et le corps. Cela me fascine.
    8. Je travaille beaucoup (trop ?). Ce compte m’a permis de ralentir, prendre un peu de recul, et d’apprendre à penser à moi.
    9. J’ai eu l’impression, ces derniers mois, de retrouver mes 19 ans. Rencontres, doutes, joie et conneries. Désir et liberté. Effet de boucle troublant.

 

    1. J’ai, aussi, compris que ce qui nous semblait fonder les bases – et les valeurs – de notre vie pouvaient (bizarrement) évoluer et changer.
    2. J’ai des troubles alimentaires. Un poids instable et je ne parle jamais de mon rapport au corps IRL. Vous êtes mon exutoire (pardon).
    3. Peu de personnes connaissent mon coté cynique et un peu WTF. Au quotidien, je suis la douceur, la fragilité et la retenue.
    4. Je ne me dis jamais de gros mots et je ne parle jamais de sexe avec ma famille et mes amis.
    5. Je lis beaucoup beaucoup beaucoup. Je n’ai, en revanche, pas de télévision.
    6. J’écris quotidiennement depuis que j’ai seize ans. Écrire me permet de prendre du recul sur mes émotions. C’est devenu, au fil du temps, une nécessité.
    7. J’écris, parfois, des mails que je n’ose pas envoyer. Je les conserve en me disant que je les enverrais peut-être un jour et que cela fera sourire le destinataire. Je ne les envoie jamais.
    8. Je ne sais pas dire des mots simples. Plus j’aime une personne, plus je m’attache, et moins je sais le lui dire.
    9. Pour la première fois de ma vie, je me suis trouvée un peu « jolie » en observant mon corps. Se photographier est une jolie thérapie.
    10. J’ai fait beaucoup de mal à mon amoureux ces derniers mois. Et, c’était (je crois ?) nécessaire pour (re)trouver mon équilibre.
    11. Je ne sais pas regarder les gens dans les yeux. Ni mes amis, ma famille, ou mon amoureux.

 

  1. Grâce à OhCerise, j’ai enrichi mon vocabulaire et j’ai appris des mots sexuels un peu drôles (fap fap fap !).
  2. Mon amoureux est le premier, et dernier, garçon à qui j’ai dit « je t’aime ».
  3. J’ai l’amoureux parfait et je suis la copine fragile et instable qui doute, qui pleure, qui fait des bêtises. Je mesure ma chance.