A fleur d’envie

 

L’automne est arrivé brusquement. Alors que les températures dégringolent, j’enfile pour la première fois depuis des mois une paire de bas et de bottes. Je me glisse dans une robe ajustée et attrape un trench avant de me faufiler dehors. Dans la rue, le froid picote les joues. Je frissonne.

Il y a une féminité propre aux premiers jours d’automne. Une féminité moins instantanée qu’en été, peut-être plus recherchée. On ne voit plus, ou moins. Le corps est masqué. Gommé presque. Alors et naturellement, on imagine. On désire.

J’aime cet entre deux, entre été et hiver. Cette période éphémère où l’on apprend à apprivoiser à nouveau le corps vêtu. Où l’imagination s’emballe. Les sens sont en éveil. A vif. On se surprend à rêver d’un bout d’épaule ou d’un torse nu. La peau, cachée, devient tout à coup complice.

A l’intérieur, on se découvre à nouveau. Sous le trench, un décolleté ou une robe un peu courte. Les cheveux qui tombent sur la poitrine et les sous-vêtements noirs. Ses mains qui glissent sur la joue, le ventre. Sous la robe aussi. A la frontière de la peau et du bas. Se sentir entre ses doigts, tout à coup, nue. Désirable aussi. Le corps à apprivoiser, à déshabiller, à découvrir. A réchauffer. Magie d’automne.

A fleur de peau, à fleur d’envie.

 

 

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