43 bouts de moi

    1. OhCerise a treize mois.
    2. J’ai rencontré, grâce à lui,  trois garçons et deux très très chouettes filles
    3. Au départ, OhCerise devait être de l’auto-fiction érotique, comme un jeu, avec mon amoureux. C’est devenu, au fil des mois, une identité un peu plus proche du réel, intime, moins contrôlée et limitée.
    4. J’ai pleuré plusieurs fois à cause de OhCerise.
    5. Je me suis sentie drôlement vivante grâce à OhCerise.
    6. Cette identité m’a permis de m’interroger sur la notion de confiance (et ses risques associés). Sous couvert d’anonymat, j’ai donné ma confiance, pour la première fois de ma vie, très rapidement. Donner cette confiance-là m’a fait (beaucoup) doutée et prendre peur. Se confier, c’est se mettre à nu et se risquer. C’est être, aussi et à partir de là, fragile et vulnérable.
    7. La première fois où je(on) me prenais(t) en photo, c’était pour l’avatar de ce compte.
    8. Me prendre en photo, écrire le désir, a bousculé mon rapport au corps et plus largement à l’érotisme.
    9. Tout doucement, ma pudeur s’est évaporée. J’ai regardé mon corps comme un outil pour raconter des histoires. Je n’ai pas l’impression d’être impudique ou de me mettre à nu. En photographie, ce n’est pas vraiment moi. C’est un corps mis en scène. Parcellaire, éclairé, apprivoisé.
    10. Il y a  toujours un décalage entre mes mots/photographies et le réel, une sorte donc de mise en scène  – poétique ou accentuée – du quotidien. Ce décalage me protège. Ce n’est pas un « je » intime et personnel que j’expose ici.  Il reste toujours une distance, entre la vie, la vraie, et ce que j’écris et photographie. Les rencontres, réelles, permettent de relier ces deux « je ».

 

    1. Il y a un an rencontrer une personne de visu, grâce à OhCerise, m’aurait semblé impensable et absurde. Et puis, le réel, et puis l’attachement, et puis la curiosité, et puis la vie.
    2. Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, le passage au réel peut être naturel et simple. Et, excitant. Et doux.
    3. J’aimerais, à travers cette identité, apporter un peu poésie et de désir. Et, peut-être, être, parfois, un tout petit peu inspirante, apaisante ou rassurante aussi. Permettre à d’autres personnes, comme moi, d’apprivoiser leur corps et leur image.
    4. J’ai appris, grâce à OhCerise, à me regarder dans un miroir, à lever un tout petit peu les yeux, et à accepter que je n’avais plus, et que je n’aurais plus jamais, un corps d’enfant. J’ai enfin, aussi, compris que je n’aurais jamais un corps parfait et que cela n’était pas  vraiment important. Que cela ne faisait pas de mon corps, un corps à cacher ou dont je devrais avoir honte.
    5. J’ai durant vingt-cinq ans pensé que la sexualité – et la féminité – comme quelque chose de sale. Pour être pure, je devais alors conserver un corps asexué et valoriser mon intellect. OhCerise m’a ainsi permis de m’équilibrer, de ne plus avoir honte de mon corps. D’arrêter de le cacher. De comprendre, aussi, qu’avoir des désirs ne me rendraient pas moins intelligente ou moins intéressante. J’ai l’impression de commencer, enfin et pleinement, à vivre.
    6. J’ai appris à regarder l’érotisme comme un jeu. Puis, j’ai appris à jouer. Puis, j’ai aimé jouer (on joue ?).
    7. J’ai des bleus qui apparaissent dès que je suis un peu trop fatiguée ou angoissée. Ils font partie de moi. Je crois que je les aime bien.
    8. Je suis amoureuse des belles rencontres. De connecter mon univers avec l’autre. C’est une petite drogue.
    9. Je suis obsédée par la beauté. Des corps, des choses, des émotions.
    10. J’aimerais apprendre à l’apprivoiser.

 

    1. Plus je découvre l’univers sexo-erotique, plus je rêve de (fantasmes sur des ?) relations simples, sincères et intenses.
    2. Je me suis plus confiée à une personne ici que je ne l’avais fait ces dix dernières années. Et c’est apaisant d’avoir une confidente.
    3. Mon angoisse, durant des mois, était que l’on relie ce compte à ma véritable identité. Je suis plus sereine, aujourd’hui, à cette idée.
    4. J’ai fait, je crois, un peu de mal, sans m’en rendre compte, à une personne. Je m’en mordille un peu les lèvres.
    5. Une personne m’a fait aussi du mal. En fouillant, décortiquant et retrouvant ma véritable identité. Et, en me menaçant ensuite.
    6. J’ai rencontré un garçon après plus de 10 ans à échanger avec lui à 23 heures un mardi soir. Il a dormi chez moi. On ne s’est jamais revu.
    7. En un an, j’ai appris à écrire le désir, l’attente et le corps. Cela me fascine.
    8. Je travaille beaucoup (trop ?). Ce compte m’a permis de ralentir, prendre un peu de recul, et d’apprendre à penser à moi.
    9. J’ai eu l’impression, ces derniers mois, de retrouver mes 19 ans. Rencontres, doutes, joie et conneries. Désir et liberté. Effet de boucle troublant.

 

    1. J’ai, aussi, compris que ce qui nous semblait fonder les bases – et les valeurs – de notre vie pouvaient (bizarrement) évoluer et changer.
    2. J’ai des troubles alimentaires. Un poids instable et je ne parle jamais de mon rapport au corps IRL. Vous êtes mon exutoire (pardon).
    3. Peu de personnes connaissent mon coté cynique et un peu WTF. Au quotidien, je suis la douceur, la fragilité et la retenue.
    4. Je ne me dis jamais de gros mots et je ne parle jamais de sexe avec ma famille et mes amis.
    5. Je lis beaucoup beaucoup beaucoup. Je n’ai, en revanche, pas de télévision.
    6. J’écris quotidiennement depuis que j’ai seize ans. Écrire me permet de prendre du recul sur mes émotions. C’est devenu, au fil du temps, une nécessité.
    7. J’écris, parfois, des mails que je n’ose pas envoyer. Je les conserve en me disant que je les enverrais peut-être un jour et que cela fera sourire le destinataire. Je ne les envoie jamais.
    8. Je ne sais pas dire des mots simples. Plus j’aime une personne, plus je m’attache, et moins je sais le lui dire.
    9. Pour la première fois de ma vie, je me suis trouvée un peu « jolie » en observant mon corps. Se photographier est une jolie thérapie.
    10. J’ai fait beaucoup de mal à mon amoureux ces derniers mois. Et, c’était (je crois ?) nécessaire pour (re)trouver mon équilibre.
    11. Je ne sais pas regarder les gens dans les yeux. Ni mes amis, ma famille, ou mon amoureux.

 

  1. Grâce à OhCerise, j’ai enrichi mon vocabulaire et j’ai appris des mots sexuels un peu drôles (fap fap fap !).
  2. Mon amoureux est le premier, et dernier, garçon à qui j’ai dit « je t’aime ».
  3. J’ai l’amoureux parfait et je suis la copine fragile et instable qui doute, qui pleure, qui fait des bêtises. Je mesure ma chance.

 

Commentaires

  1. Petit jean D/s dit :

    Bonjour,
    C’est la première fois que je vous lis, un sentiment que vous aurez jamais la plénitude. Une insatisfaction qui s’atténue de temps en temps pour réapparaître avec plus d’intensité. Votre écriture est votre thérapie, continuée.
    J’aime beaucoup ses phrases posées dans le désordre de vos réflexions.
    Je continuerai à vous lire avec plaisir.
    Cdt

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